Un peu d'Histoire

Quelles sont les origines de la profession de Géomètre-Expert ? Cette page retrace un peu d’Histoire afin de comprendre l’évolution du métier au fil du temps, d’après le livre « 2 000 ans d’arpentage – Le géomètre au fil du temps » de l’Ordre des Géomètres-Experts, publié à Paris aux Editions Publi-Topex en 1999.

Dans les sociétés préromaines, c’est du côté de l’Egypte que l’on possède le plus d’informations sur l’arpentage. Le cadastre fut particulièrement élaboré dès la deuxième dynastie avec un recensement des terres tous les 2 ans.

Dans la Rome antique, l’arpenteur utilise un instrument de visée appelé le groma et par alignement, il trace deux axes de visées perpendiculaires qui servent de base. En reproduisant des parallèles à ces deux axes, il délimite le lotissement des terres. Plus Rome confisquait de terres aux vaincus de guerres, plus le recours aux arpenteurs fut nécessaire pour attribuer les terres aux colons, notamment lorsque Rome étendit sa domination. Parfois quand ils établissaient des limites entre eux, les propriétaires faisaient des sacrifices : ils immolaient une victime et jetaient de l’encens, des fruits, du vin qui étaient consumés par le feu. Les pierres, servant de borne, étaient placés sur les restes incandescent.

Au Moyen-Age, les arpenteurs sont assermentés devant les seigneurs et le plus connu d’entre eux est Bertrand Boysset, né vers 1355 et mort vers 1416, qui dressa le premier traité d’arpentage et de bornage rédigé par un praticien. Les arpenteurs médiévaux sont presque inconnus et leur existence apparait au détour de quelques textes. Leurs interventions sont visibles lorsque le paysage porte la marque orthonormée de leur passage. L’arpenteur réalise ses mesures avec un outil appelé destre, une sorte de perche en bois, et parfois avec es cordes. Il utilise également des équerres pour procéder à des alignements. Ci-contre, une illustration du manuscrit de BOYSSET, représentant deux arpenteurs dans un champ, dont celui de gauche tient un destre et celui de droites place des bornes.

Le terme d’arpenteur apparaît dans la région de Paris au XIVe siècle et se généralisa peu à peu, remplaçant par exemple les termes de cordeus ou gauleurs utilisés en Bretagne. En 1555, sont créés les offices d’arpenteurs royaux et les arpenteurs, dits jurés, sont assermentés devant l’autorité judiciaire. Dans les villes de juridiction royale, certains offices d’arpenteurs se voyaient adjoindre celui de notaire royal. Le terme géomètre, au sens actuel, n’existe alors pas, et il est plutôt assimilé au sens de mathématicien. C’est après la Révolution que le terme Géomètre fut consacré, celui d’arpenteur faisant ainsi trop référence à la féodalité, tout comme les sujets, les provinces, les intendants et les compoix devinrent les citoyens, les départements, les préfets et les cadastres. Les mesures anticorporative de la Révolution démantelèrent le corps professionnel des « arpenteurs-jurés » et du « grand arpenteur royal » bénéficiant de monopoles.

Le changement professionnel est brutal, la profession est désorganisée, l’identité publique est perdue et s’est probablement ainsi qu’une majorité de géomètres se tournent vers l’entreprise cadastrale à partir de 1807, tandis que les autres changèrent de carrières. Le géomètre du cadastre apparaît alors. Pendant un demi-siècle, la profession semble donc s’investir dans des préoccupations moins foncières que fiscales, moins juridiques que techniques. Un lien nostalgique relie les géomètres au passé de leur profession comme l’évoque le Journal des géomètres-experts, publié pour la première fois en 1847 (ci-contre la couverture de l’édition du 25 janvier 1894, issue des archives de la société Publi-Topex). Sur le plan privé, aucune règlementation ne protège encore les actes des géomètres, dont le marché est soumis à des concurrences sauvages par les fonctionnaires communaux ou les instituteurs. Après la fin des travaux du cadastre au milieu des années 1840 beaucoup de géomètres furent licenciés. La logique cadastrale s’estompe progressivement et les géomètres du cadastre et les géomètres privés ont des statuts et des carrières clairement distinctes.

Au début du XXe siècle, l’identité professionnel trouve ses racines dans la progressive organisation de son enseignement professionnel. Mais malgré une demande toujours affirmée, le nombre de géomètre ne cesse de décroître depuis en 1880, notamment dans le milieu rural. Et après la Première Guerre mondiale, la situation ne fait qu’empirer par la non lisibilité de la formation et la non reconnaissance sociale du métier de géomètre. En 1929, le diplôme de géomètre-expert du gouvernement est instauré et apparaît comme un moyen de positionnement social et alors, le maréchal Lyautey écrivit : « En me signalant que le nombre de candidat à une profession aussi attachante est infime, vous me faites connaître la création récente, à son profit, d’un diplôme d’Etat. Je forme des vœux pour que cette dernière circonstance et l’encombrement dont on parle toujours dans les autres professions libérales contribuent à assurer le recrutement en valeur et en quantité d’une corporation dont j’ai pu apprécier partout l’utilité et les mérites ». En 1940, Pierre Caziot, ministre de l’Agriculture, déclarait également : « Je connais bien et j’ai fréquenté les géomètres-experts, je sais leur importance dans la vie rurale. J’ai besoin de géomètres, de beaucoup de géomètres et je sais qu’il n’en existe pas en quantité suffisante en France. Je veux pourtant les utiliser à de nombreux travaux d’amélioration agricole et foncière ». En 1944, dans un contexte difficile, est alors créé une structure ordinale corporative dont l’existence sera brève, mais qui renaitre par la loi du 7 mai 1946, donnant naissance à l’Ordre des géomètres-experts, base actuelle de l’organisation de la profession. Depuis le milieu du XXe siècle, les bouleversements technologiques viennent conforter le géomètre dans son rôle de garant des limites foncières.

Images issues du livre : "2 000 ans d’arpentage – Le géomètre au fil du temps" de l’Ordre des Géomètres-Experts, publié à Paris aux Editions Publi-Topex en 1999

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